![]() |
![]() |
|
|
|
Le débat s’est intensifié au sein de l’Administration Bush sur la définition d’une véritable stratégie nationale en matière de lutte contre la criminalité informatique et la mise en place de règles juridiques pour encadrer l’éventualité d’une cyberguerre.
Les terroristes ne sont pas les seuls à représenter un danger pour les infrastructures de télécommunications américaines. Pour le responsable du département de la Cyberspace Security à la Maison Blanche, Richard A. Clarke, le gouvernement américain commence à considérer les Etats étrangers et leurs services de renseignements comme la plus grande menace pesant sur la sécurité des réseaux, davantage encore que les groupes terroristes tel qu’Al Qaeda.
Depuis environ 9 mois, le gouvernement prépare un plan d’envergure impliquant les autorités publiques, les entreprises privées et les citoyens pour assurer la défense des réseaux contre de futures attaques. Les grandes lignes de cette stratégie seront déterminées d’ici quelques semaines dans la Silicon Valley.
Parmi les recommandations déjà formulées, il est demandé aux sociétés de service internet (accès, hébergement) de protéger leurs infrastructures au moyen notamment de « firewalls », logiciels informatiques de sécurité capables de repousser les tentatives d’intrusion, et de s’assurer que l’information circule bien sur internet. « Trop de personnes se connectent à de tels services sans avoir été informés que leurs ordinateurs sont susceptibles de faire l’objet d’intrusions frauduleuses et de piratage », estime M. Clarke.
L’objectif n’est pas de prévenir des cyberattaques mais d’y résister. A cet égard, les Etats-Unis ont réalisé d’importantes avancées pour consolider leurs moyens de défense depuis le 11 septembre. Mais selon M. Clarke, de nombreuses années s’écouleront avant que les failles des systèmes informatiques et de télécommunications engendrées par la création de l’internet ne soient comblées. Le gouvernement évalue actuellement l’hypothèse d’un réseau privé, déconnecté du web, pour son propre système.
De plus en plus de pays, en particulier les moins favorisés, prennent conscience des avantages de la cyberguerre sur la guerre traditionnelle. Des attaques contre les réseaux ne coûteraient en effet que quelques milliers de dollars, bien peu en comparaison des milliards nécessaires pour se procurer une bombe nucléaire.
Confrontés à l’extrême difficulté de maîtriser l’impact de cyberattaques, les Etats-Unis restent prudents mais réfléchissent d’ores et déjà à un cadre juridique qui leur permettrait de lancer de telles opérations [source Washington Post : « White House Officials debating rules for cyberwarfare »].