La société VeriSign, gestionnaire de l’ensemble des noms de domaine .com et .net, vient de bousculer le monde de l’internet. Imitant des outils existants notamment au sein de certains navigateurs, VeriSign a décidé depuis le 15 septembre 2003 de rediriger les internautes saisissant un nom de domaine incorrect ou erroné vers son propre moteur de recherche Site Finder. Ce site propose ensuite aux utilisateurs la liste des URLURLUniform Resource Locator, en français adresse universelle approchantes en sachant que des liens sponsorisés peuvent, en outre, se greffer dessus. Cette mesure pourrait avoir un impact relativement important, VeriSign indiquant que plus de 20 millions de requêtes erronées sont effectuées chaque jour sur l’internet.
Le cyber-putch des noms de domaine
Néanmoins, cette décision présentée par VeriSign comme créant un service supplémentaire aux internautes est considérée par de nombreux spécialistes comme un véritable cyber-putch. En effet, au travers de cette mesure, VeriSign s’attribue l’ensemble des noms de domaine non encore déposés mais également réalise à une échelle planétaire et automatique des actes de typosquatting de plus en plus réprimés par les différentes juridictions nationales et l’organe d’arbitrage en matière de noms de domaine de l’OMPI.
Souhaitant réagir à cette mesure, quelques administrateurs de réseaux ont commencé à développer et à mettre en oeuvre des contre-mesures techniques permettant de reconfigurer les routeurs et les serveurs afin de bloquer l’accès au Site Finder et de faire apparaître un message d’erreur à l’intention de l’internaute.
Au niveau judiciaire, un moteur de recherche qui a souhaité pour l’heure conservé l’anonymat, a déposé une plainte à l’encontre de VeriSign l’accusant de pratiques déloyales et anti-concurrentielles. Le moteur de recherche estime en effet que VeriSign a utilisé sa position d’unique gestionnaire des noms de domaine en .com et .net pour en tirer un avantage injustifié. La société demande à la justice de condamné VeriSign à 100 millions de dollars de dommages et intérêts.
Vers une généralisation de l’interception des courriels ?
En France, le CIGREF (Club informatique des grandes entreprises françaises) a souhaité alerter l’ensemble des autorités, nationales ou internationales, du danger que faisait courir cette mesure sur le secret des correspondances. En effet, « tous les courriers électroniques mal adressés sous .com et .net sont maintenant interceptés par VeriSign ». Pour l’association, une erreur de typographie ne doit donc pas remettre en cause le secret de l’ensemble des correspondances circulant sur le réseau mondial.




