![]() |
![]() |
|
|
|
Incitation à se désolidariser du régime de Saddam Hussein ou mobilisation des réservistes véhiculées par email, le courrier électronique occupe une place nouvelle dans le cadre d’un conflit international.
Action psychologique ou mobilisation des forces armées, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont choisi, dans le cadre du conflit irakien, de recourir pour la première fois au courrier électronique. A la suite de l’annonce par les autorités irakiennes du blocage complet de l’accès à internet, des responsables du Pentagone ont indiqué avoir envoyé plusieurs milliers de courriers électroniques à destination de l’Irak.
Ces courriers invitent les hauts responsables des administrations civiles et les chefs militaires à se désolidariser du régime de Saddam Hussein et à communiquer des informations sur les armes de destruction massive, leur position et leur nature. Les autorités américaines promettent, en échange, une protection aux personnes et à leur famille. Un courrier électronique indique par exemple : « les Etats-Unis et leurs alliés veulent que le peuple irakien soit libéré de l’injustice de Saddam et que l’Irak devienne un membre respecté de la communauté internationale. L’avenir de l’Irak dépend de vous ». En réaction, les autorités irakiennes ont décidé de bloquer l’unique service de courrier électronique existant (Uruklink) mais également une partie des serveurs existants.
Au Royaume-Uni, le courrier électronique a, quant à lui, été utilisé pour mobiliser les forces armées. En effet, le ministère de la Défense a envoyé, avec l’aide d’une société de marketing direct, près de 100.000 emails aux entreprises britanniques donnant des informations générales et des conseils en cas de mobilisation des réservistes. Cet envoi massif fût accompagné de l’inquiétude de nombreux internautes non visés, se croyant réquisitionnés.
Ces deux exemples marquent un tournant dans l’utilisation des nouvelles technologies dans le cadre d’un conflit international, le domaine militaire décidant d’exploiter les ressources quasi-illimitées offertes par le réseau mondial. Ne doit-on pas y voir un retour aux sources ? Internet a, en effet, pour base le réseau Arpanet, créé au cours des années 60, par un laboratoire de recherche avancée du ministère américain de la défense.
Source :
MoD ’spams’ firms ahead of Iraq call-up, The Register, 09/01/2003