Le « porn-squatting » vit peut-être ses dernières heures. Un représentant américain de l’Etat de l’Indiana, après avoir déposé deux propositions de loi dans le même sens, vient de proposer [1] d’interdire à des sites pornographiques l’utilisation de noms de domaine trompeurs. Ce texte est présenté dans le cadre de l’examen du projet de loi sur l’enlèvement d’enfants mineurs.
Ce détournement de noms de domaine est à ce jour un phénomène relativement important. Ainsi, Ben Edelman, chercheur au sein de l’Université d’Harvard, a rendu au mois d’avril 2002 une étude [2] analysant l’utilisation par des entreprises spécialisées dans la diffusion de contenus pornographiques de noms de domaine, souvent remis en vente en l’absence de renouvellement par le titulaire.
Cette analyse a comme point de départ le site www.bicyclebills.com que Ben Edelman cherchait à atteindre. Il arriva à la place sur un site pornographique appelé « Tina’s Webcam site ». Partant de ce constat et de réponses similaires pour plusieurs autres noms de domaine, le chercheur réalisa une liste de 4525 noms de domaine usurpés par la même société.
Après un examen approfondi de chaque situation au travers de recherches sur Yahoo, Google et archives.org, l’étude montre que ces noms de domaine ont été déposés voire utilisés par d’autres personnes auparavant. Mais, en l’absence de renouvellement dans les temps, le nom pouvant être acquis par toute personne, l’entreprise en a profité pour les obtenir et installer une redirection vers son site pornographique. L’objectif d’une telle technique est d’utiliser les liens hypertextes réalisés par les internautes et le référencement existant pour les noms de domaine usurpés afin d’améliorer la visibilité et le nombre de visiteurs.
Souhaitant mettre fin à cette situation, Mike Pence a proposé aux parlementaires américains d’adopter une nouvelle législation relative au « porno-squatting ». Le texte sanctionne d’une amende et de deux ans d’emprisonnement « quiconque utilise volontairement un nom de domaine trompeur dans l’intention d’imposer à une personne des contenus obscènes sur l’internet ». Cette peine est élevée à 4 années lorsque le détournement a pour objet de permettre à des mineurs de consulter des « contenus qui leurs seraient préjudiciables ».
[1] house.gov->http://www.house.gov/
[2] cyber.law.harvard.edu->http://cyber.law.harvard.edu/




