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Le ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni, David Blunkett, et le Chancelier Gordon Brown ont présenté le 15 octobre dernier les nouvelles mesures du projet de loi antiterroriste (Anti-terrorist Bill) devant les membres du Parlement.
Le projet de loi anglais contre le terrorisme autoriserait dorénavant les fournisseurs de services de communication et d’accès à l’internet à conserver, malgré l’interdiction posée par le Data Protection Act [1] de 1984 amendé en 1998, les données de connexion et de navigation de leurs usagers.
Les données relatives aux émetteurs et aux destinataires de messages électroniques, à l’adresse des sites visités et aux numéros composés par un abonné du téléphone pourront être conservées aussi longtemps que nécessaire à des fins de facturation et de lutte contre la fraude. La nature des informations collectées et leur durée de conservation seront fixées par le Gouvernement dans le cadre d’un « code de pratique » établi en concertation avec les fournisseurs de services et lors d’une consultation publique. Le contenu même des messages devrait toutefois échapper à cette mesure.
Pour mémoire, le ministre des Affaires étrangère et ancien ministre de l’intérieur Jack Straw, a récemment critiqué les opposants aux dispositions qu’il désirait ajouter au Regulation of Investigatory Powers Act (RIP Act [2]) pour permettre le décryptage des correspondances électroniques commerciales par les services de sécurité. Selon lui, ces derniers auraient pu détecter quelques-uns des onze pirates de l’air ayant séjourné sur le sol anglais si l’adoption de ces dispositions n’avait pas été bloquée par le lobbying industriel.
La Confederation of British Industry a néanmoins rappelé la nécessité de trouver un juste équilibre entre la lutte contre le terrorisme et la protection des données « commercialement » sensibles. Par ailleurs, John Wadham, le dirigeant d’un organisme consacrée à la protection des libertés civiles et des droits de l’homme (Liberty), avait lancé que toute entrave aux libertés individuelles effectuée « sans raisons valables » serait une victoire pour le camp terroriste.
« Blunkett Outiles Further Anti-terrorist measures », Cyber-Rights & Cyber-Liberties, 15 octobre 2001 [3]
« UK anti-terror measures unveiled », BBC, 15 octobre 2001 [4]
« Net freedom fears ‘hurt terror fight’ », BBC, 28 septembre 2001, [5]
[1] legislation.hmso.gov.uk->http://www.legislation.hmso.gov.uk/
[2] hmso.gov.uk->http://www.hmso.gov.uk/
[3] cyber-rights.org->http://www.cyber-rights.org/
[4] news.bbc.co.uk->http://news.bbc.co.uk/
[5] news.bbc.co.uk->http://news.bbc.co.uk/
Cybercrime et démocratie
/publications/lire.phtml ?id=191
Dossier sur les amendements au projet de loi sur la Sécurité quotidienne et l’état du droit